La Fabrique des singularités. Postures II Slatkine, «Erudition», 2011.

Parcourant les écrits de Jean-Jacques Rousseau, Jules Vallès, Louis-Ferdinand Céline, C.F. Ramuz, Blaise Cendrars, Vercors et Annie Ernaux, La Fabrique des singularités ajoute un second volet aux Postures littéraires (2007). Le premier volume a ouvert un important terrain de recherches et donné lieu à des colloques, des traductions ainsi qu’à des publications en France, Belgique et au Québec. De nouvelles études de cas enrichissent et précisent les modes
de singularisation des auteurs, en observant le déploiement de leur discours sur la scène littéraire.
Plusieurs biais d’interrogation traversent cet ouvrage, au gré d’articles réunis et de textes inédits : Quels sont les cadres qui régissent l’énonciation littéraire dans la modernité ? Comment les auteurs se singularisent-ils au sein des discours littéraires ? Quel est l’impact de la médiatisation des écrivains sur leurs pratiques et leur rapport aux publics ? De quelle manière le traitement des genres et des styles participe-t-il de la pluralité des postures auctoriales ? En quoi le corps physique des écrivains est-il engagé dans leur présentation de soi ?

Qu’ils le veuillent ou non, les écrivains adoptent tous une posture ; au besoin on les y aide ; quant à ceux qui récusent par avance toute posture, qu’ils n’espèrent pas ainsi se soustraire à son emprise : ce rejet radical est considéré comme la plus stratégique des postures. On n’en sort pas. Les experts en posturologie y veillent. Un dyptique de Jérôme Meizoz en témoigne : Postures littéraires (2007, 206 p.) et La Fabrique des singularités (2011, 282 p.), deux essais publiés à Genève chez Slatkine. L’auteur, professeur de littérature française à l’Université de Lausanne, y étudie les aventures de la posture, de Rousseau à Annie Ernaux ; il est depuis quelques temps rejoint par des chercheurs français, belges, suisses et québécois ; des colloques, des conférences et des publications lui ont été dédiées ; le site Fabula s’en est fait l’écho ; du côté de l’Université de Liège, Contextes, revue électronique de sociologie de la littérature vouée à une approche sociale du littéraire, a consacré sa livraison du début de l’année à «La posture. Genèse, usages et limites d’un concept» ; et du côté de l’université catholique de Louvain, la revue Interférences littéraires vient d’explorer ledit concept par le biais d’une série d’études sur des écrivains-journalistes.”

Pierre Assouline, «Posturologie», Le Monde (des livres), Paris, 19 août 2011.

Compte-rendu de la Fabrique des singularités par Laurent Robert (Lien socio)

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