Fantômes (illustré par Zivo), récit, En bas, 2010.

« Je marchais dans l’unique rue du village, mais elle n’était pas déserte comme à l’ordinaire. Tous les morts enfin revenus se mêlaient aux vivants, formant une foule jamais vue en ce lieu… »

Nous sommes hantés par tant de voix et de visages ! « Je suis noir de monde… » murmurait Alain Bashung.
Un écrivain, Jérôme Meizoz, et un peintre, Zivo, ont travaillé de concert, en atelier, au fil des mois, pour créer un ouvrage illustré explorant l’invisible qui persiste à agir sur le visible. Ils évoquent, tous deux, chacun par ses moyens d’expression, toutes ces figures, êtres ou souvenirs qui nous hantent d’autant plus qu’ils ont quitté la scène. La part spectrale des existences : celle des invisibles qui continuent à agir en nous et,
parfois, pour nous.

« Dans ce recueil d’une grande densité textuelle, tout en pudeur et ellipses, l’écrivain et sociologue Jérôme Meizoz continue à interroger l’histoire intime et collective. Les lavis du peintre Zivo dialoguent bellement avec le texte, en soulignent l’inquiétude et la tendresse retenue. »

Elisabeth Vust, Viceversa Literatur


On en parle…

 

Ces voisins inconnus

Ces voisins inconnus est un roman collectif trilingue en ligne, écrit par douze auteurs suisse à l’invitation de la Literaturhaus Zurich et de la Fondation Oertli . À partir de 2003, les auteurs sollicités ont pris part à des lectures publiques, suivies de discussions dans le cadre de la série du même nom, en Suisse romande pour les Alémaniques et à l’inverse. Le roman continue à croître – le Tessin a été inclus entre temps.

Sommaire

I. Ivan Farron
II. Peter Stamm
III. Jérôme Meizoz
IV. Michel Mettler
V. Corinne Jaquet
VI. Lukas Bärfuss
VII. Thomas Bouvier

VIII. Peter Weber
IX. Martin R. Dean
X. Vincent Barras
XI. Tim Krohn

 

RETOUR AUX OUVRAGES LITTÉRAIRES 

Séismes, Zoé, 2013.

Tableau impressionniste d’une bourgade durant la décennie 1970, Séismes raconte le parcours troublant d’un enfant vers l’âge d’homme. Sidéré par la perte de sa mère et l’étrangeté des adultes, le narrateur égrène ses récits de chocs, instants rares où la vie se livre à son maximum d’incandescence. Accordée à l’oralité des rues, sa voix dit la sensualité des odeurs, du toucher dans un récit à l’épaisseur singulière.

Dans tout ce livre règne une gaieté cruelle, proche de celle d’un Fellini ou d’un Prévert, pour tenir en respect la « tristesse qui fermente en silence comme un vin abandonné ».

Grâce à une écriture minimale, d’un rythme envoûtant, Jérôme Meizoz rejoint l’émotion par l’épure.

Dès la première phrase, on découvre la double singularité du style et de la vision du narrateur: «Quand mère s’est jetée sous le train, il a bien fallu trouver une femme de ménage». Une syntaxe délicieuse autant qu’irréprochable… Ce livre a partie liée avec l’autobiographie et l’humour suisse. En tout cas, pour l’humour, c’est évident.”

Claire Devarrieux, «Une» du Cahier Livres, Libération, mars 2013.

« Séismes fait l’inventaire ramassé d’épisodes clefs de la vie dans un village suisse des années 1970, d’un jeune garçon jusqu’à l’âge adulte. Les séismes en question ne sont autres que ces moments fondateurs modelant la personnalité encore en germe d’un individu dans un environnement où les possibles sont contrariés par les règles et l’isolement géographique, et où la vie entre malgré tout, comme par effraction à la faveur d’une apparition, d’un événement. Dans ces moments-là les séismes de Meizoz déclenchent de substantielles secousses…»

Dominique A, chanteur-compositeur, «La vie par effraction», Le Monde des Livres, mars 2013.

En exergue à Séismes, Jérôme Meizoz a placé ce mot de Maurice Chappaz : « L’encre est la partie imaginaire du sang » et c’est avec le sang répandu de la mère que s’ouvre ce récit. L’incipit comme un couperet, la clef originelle d’une écriture nourrie en partie d’éléments autobiographiques.

Michel Ménaché, Europe, mai 2013.

Jérôme Meizoz est un styliste de flamme dont les phrases éblouissent. On s’étonne devant ces mots, comment peuvent-ils convoquer autant? Comme des petites boîtes qui s’ouvriraient sur des vallées endormies. Ou des grains de mica qui pourvoient en éclatant une énergie gigantesque. On revient en arrière, on relit. Et se déploient de nouveau, plus fortement encore, les silences intimes, les chocs successifs qui font devenir grand un garçon de neuf ans dans le Valais des années 1970.”

Lisbeth Koutchoumoff, Le Temps, «Samedi culturel», 30 mars 2013.

On en parle…

Lisbeth Koutchoumoff, « Jérôme Meizoz, un styliste éblouissant pour dire la sortie de l’enfance », Le Temps, 30 mars 2013.
Claire Devarrieux, Valais de coeur, Libération, 27 mars 2013.

 RETOUR AUX OUVRAGES LITTÉRAIRES 
 

Lettres au pendu et autres écrits de la boîte noire, Monographic, 2011.

«Il s’était plongé sur place dans les livres et était parti au combat muni de ces seuls mots erratiques, source pour lui de toute fascination. Et qui dans le village tombaient comme des fantassins devant les railleries du quartier. Pour qui se prenait-il, cet artiste ? Menée dans une campagne sans paroles, peu préparée à entendre ses invectives, sa quête un peu cathare s’égrenait dans plusieurs livres de charge, parfois bavards, jamais communs. Comme Rimbaud, il s’est trouvé rendu à la terre, littéralement humilié par ce silence universel.»

Dans ce volume, les lettres adressées à l’écrivain Adrien Pasquali, des carnets de lecture, des réflexions sur l’écriture ainsi que quelques fictions témoignent d’un regard distancé, entre satire et mélancolie, sur les effets de la croyance littéraire.

On en parle…

 

 RETOUR AUX OUVRAGES LITTÉRAIRES 

Pénurie, Art & Fiction, 2013 (calligraphié et dessiné par Zivo).

Pour leur deuxième collaboration, l’écrivain Jérôme Meizoz a remis un texte sous forme de lettre au peintre Zivo. Celui-ci l’a retranscrite intégralement à la plume en l’enrichissant de dessins à l’encre. «J’ai fait de lentes méditations en mettant en évidence les émotions qui émanent des mots. Je me suis laissé guider par l’amitié que j’entretiens avec Jérôme Meizoz, dans une espèce de page à page, explorant une troisième dimension entre lui, Pénurie et moi.» De cette lettre manuscrite, qui nous parvient sans date, adresse, ou signature, se dégage un sentiment d’urgence. Car la situation décrite est tragique. L’hiver qui s’est emparé des lieux semble avoir figé la vie, rendant le quotidien difficile et l’avenir incertain. La plume de Zivo, qui ne s’interdit ni ratures ni libertés de mise en page, démultiplie la fragilité et l’intensité de ce qui se révèle être un appel à l’aide.
Si nous ne savons pas d’où provient cette lettre, elle nous est bel est bien adressée. Elle nous renvoie à des souvenirs possibles (peut-être l’entre-deux guerres? peut-être l’enfance?) et des lieux indéterminés (peut-être le Valais? peut-être un mauvais rêve?), mais nous invite aussi à scruter la société contemporaine. La pénurie matérielle étant aussi celle de l’esprit, l’appel à l’aide tient lieu d’avertissement. La belle âpreté de ce travail de collaboration séduit et bouscule.

On en parle…

 

RETOUR AUX OUVRAGES LITTÉRAIRES